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BOYS, BOYS, BOYS : Fashion Week Homme Automne/Hiver 2020-2021

Hier soir, j’enquillais les verres de vin avec mes amis rue de Bretagne dans un bar prénommé le Pinardier (je recommande, la femme du patron me paie des vacances à Cannes l’été)… Entre deux discussions et jeux d’alcool (à consommer avec modération, vilaines) je vois passer des créatures de mode. Des silhouettes stylées, au sens propre du terme. Des silhouettes créées spécialement pour ce soir. Evidemment, je percute tout de suite : la Fashion Week a démarré mardi à Paris. Je saute dans mon Uber à 21h30, grève oblige, pour rentrer dans mon morbide 15ème arrondissement. Tout de suite, le chauffeur se met à me demander si c’est bien la semaine de la mode qui se déroule dans la capitale en ce moment (serait-ce mon manteau vert feu de signalisation qui lui aurait mis la puce à l’oreille ?). Je lui réponds qu’en effet, on est en plein dedans et m’engage dans des explications un peu hasardeuses de cet événement qui en touche une sans faire bouger l’autre de ceux qui n’en ont rien à foutre. Je lui explique surtout, que ce n’est pas une Fashion Week lambda puisqu’elle est consacrée aux hommes. A cet instant, je me rends compte que les gens n’en ont pas grand-chose à branler de la mode pour hommes. Moi, le premier. Depuis tout jeune je répète que je ne parlerai que de mode féminine. Trop convenue, trop classique, trop boring, les vêtements de mecs m’ont toujours fait chier à tel point que je délaisse -presque- complètement le rayon homme de Zara pour me trouver des pièces plus excentriques chez les nanas. Après tout, si j’ai envie de voir des mecs défiler en costumes gris trop cintrés, je prends le RER A et je m’assieds sur l’esplanade de la Défense.

Mardi dernier, j’ai donc commencé à faire mes reviews de Fashion Week sur mon compte Instagram (@matthieudeliere pour les retardataires) et ça m’a frappé. J’ai vu la lumière. Tout ce temps, je me suis fourvoyé en ne voulant pas voir la vérité en face : la mode pour mecs est intéressante, en total changement et pleine de surprises. Je vous propose donc de vous faire mon Top et mon Bottom  (les pédés, calmez-vous) des trois premières journées de cette Fashion Week Homme Automne/Hiver 2020-2021. L’aventure commence maintenant.

RAF SIMONS, l’indétrônable

J’ai toujours regardé la mode de Raf Simons de loin. Même quand il était chez Dior, j’avais presque hâte qu’on le remplace. Quelle erreur. Ce défilé m’a donné envie d’aimer l’hiver… Ou de porter de la laine par 40 degrés, peu importe. Ecoutez : les lignes, les coupes, tout ça dans une géométrie si parfaite qu’elle ferait jouir un mathématicien… La rencontre entre ce plastron en vinyle et le manteau en laine… Et puis c’est unisexe. Fille ? Garçon ? Sur le catwalk on s’y perd. Et on s’en fout. C’est ça l’enjeu de la mode de demain, faire tomber ces putains de barrières du genre. Vous l’avez sans doute vu sur mon compte Instagram, mais Raf Simons Automne/Hiver 2020-2021 a récolté l’excellente note de 9/10.

RICK OWENS, fais-moi l’amour

Si il y a un roi de l’anti-establishment dans la mode depuis plus de trente ans, c’est bien sûr Rick Owens. Le créateur américain, figure du minimalisme, a encore frappé. Comment il y arrive-t-il encore quand ses concurrents, même plus jeunes, s’essoufflent de saison en saison ? Le talent, direz-vous. Oui, mais surtout une vision à 360 degrés de ce qu’est la mode en 2020. Pour ce défilé, Rick Owens avait pour mot d’ordre : l’asymétrique. Tout un symbole pour le créateur regardé comme l’ovni de la fashionsphère. Grenouillère ultra moulante avec une jambe nue, épaulettes à en faire pâlir de jalousie Boy George et les formes nouvelles. C’est neuf, ça suscite une réaction, c’est de l’art. Merci d’être encore à contre-courant Rick Owens. 9/10.

Mentions honorables pour la poésie des couleurs de Homme Plissé Issey Miyake, les étoffes de JW Anderson et également pour la vision rock de Marni.

LOUIS VUITTON, la belle endormie

Pas d’énorme déception pour cette Fashion Week à l’heure à laquelle j’écris. Vraiment. Donc je vais juste faire le point sur le défilé Louis Vuitton orchestré par Virgil Abloh, que l’on connaît tous à présent et qui œuvre également à la tête du label -soit-disant- ultra-cool OFF-WHITE. J’ai été le premier à acclamer la venue de cet autodidacte de la mode pour gérer la création homme de Louis Vuitton. Si vous suivez mes petites reviews sur Instagram, il ne vous a pas échappé que je suis littéralement en transe de chaque défilé Louis Vuitton Femme qui sont synonymes d’élégance à la française, de renouvellement et de prise de risque, le tout créé par Nicolas Ghesquière. Mais Virgil Abloh chez Louis Vuitton c’est un pétard mouillé. Beaucoup d’effervescence pour pas grand-chose. Une belle endormie, en effet, puisque la section homme de Louis Vuitton pourrait tellement être fabuleuse si on y allait franchement, entièrement, à corps perdu comme dirait Grégory Lemarchal. Et si on oubliait un peu les contraintes commerciales qui tuent la créativité dans la mode. Ce défilé Automne-Hiver 2020-2021 n’a pas été un fiasco. Loin de là. Il était même plutôt réussi mais j’en espère tellement plus à chaque saison. Peut-être, aussi, que je ne suis pas un homme Louis Vuitton. Allez savoir. 5/10.

La suite de mon décryptage de la Fashion Week Homme, jeudi prochain. En attendant, suivez-moi sur Instagram pour découvrir mes petites analyses chaque jour.

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