queer

Ce que veulent les confinés : fantasmes de liberté

Déjà plus de trois semaines que la France et la moitié de la planète sont confinées. Chacun chez soi, chacun pour soi. Alors qu’il nous reste encore quelques bonnes semaines à tenir, on rêve déjà de ce que nous offrira la liberté lorsque cette épreuve sera passée. Sortir, oui. Mais pour faire quoi ? Je vous ai posé la question.

Sur mon compte Instagram (@matthieudeliere), j’ai demandé à ma petite communauté ce qu’ils allaient faire lorsque enfin le glas du confinement sonnerait. Oui, plus de trois semaines sans -presque- voir le soleil. J’exagère, mais vous saisissez l’idée. Les fantasmes de l’extérieur se font grands, obsédants, oppressants. Parfois, je ne pense qu’à ça et puis je me rappelle du temps qu’il nous reste encore cloisonnés. La chute. La liberté serait-elle donc la plus addictive des drogues ? Certainement : « Sortir », m’a répondu une amie. C’est concis et plutôt clair. J’ai lu : « Une binche en terrasse », « Aller à la plage », « Faire du skate », « Prendre un verre à la plage et voir un coucher de soleil » (oui, j’ai un latin lover dans mes abonnés) ou encore « Boire une bière dans un parc et sortir un outfit préparé depuis 45 jours »… Pour la petite histoire cette dernière personne avait fait un comas éthylique à mes 18 ans. Que de souvenirs de liberté.

La majeure partie des réponses n’envisagent pas d’immenses projets. Simplement de retrouver son rythme de vie, retrouver ses amis. « Réunir la bande à Bono et boire à tes côtés une bière bien fraîche au Pinardier », s’est exclamé mon meilleur ami. « Danser sa mère », « Boire en terrasse et me promener partout » (décidément l’alcoolisme sera un effet secondaire), « Un restaurant »… Des choses simples. Mais aussi des requêtes plus farfelues.

« Reprendre ma PrEP », « Montrer mon cul partout dans le métro », « Marcher avec allure dans les rues de Paname pour aérer mon esprit et mes nouveaux outfits »… Des Carrie Bradshaw exhibos, on adore. L’appel du sexe est aussi très fort. Ces semaines de chasteté pèsent visiblement sur le moral des troupes. J’ai pu lire : « Danser sur de la musique très forte entourée de mes amis et me taper un BG en rentrant », « Manger des sushis et faire l’amour avec mon mec », « Une énorme orgie »… Ça promet.

Et puis il y a Clémence. Ma meilleure amie, mon tout, mon rien, mon poumon gauche. Je me devais de consacrer un paragraphe à ses réponses. Tout dans la mesure et la proportion. Elle m’écrit premièrement : « Pleurer ». J’imagine tout le drama de cette scène et je ris à n’en plus pouvoir. Elle enchaîne sur une tragédie gréco-romaine : « Voir ma psy », dit-elle désespérée (mais toujours aussi drôle). Puis elle arrive à des choses plus sérieuses : « Retrouver mes amis, fumer des clopes, boire du vin ensemble », « Te faire des câlins, te caresser la nuque » (elle est fétichiste de ma nuque), « Profiter de l’été »…

Ha oui, l’été. L’été loin de tout ça. L’été tous ensemble, à se choper dans un club moite, à courir dans les rues caniculaires de Paris au mois d’août, à rire sur des histoires qu’on raconte pour la 100ème fois. Allez, chaque jour qui passe est un jour de plus vers la liberté (on dirait du Calogéro, j’ai honte).

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